Et oui ça sert d’avoir des relations dans la jet set bibliothéconomique mondiale, ça permet de briller en société ET d’avoir du Shincha avant tout le monde (si vous trouvez que cette phrase n’a pas grand sens vous passez à côté d’une grande réalité de la vie) !
Bref, une amie de longue date par ailleurs férue de numérisation (comme quoi tout se recoupe), et nipophile émérite, m’a offert cet après-midi, dans un portefeuille de papier dont seuls les Japonais ont le secret, 60 grammes de Shincha 2009. Je m’étais d’abord inquiété de la date de péremption : 17/09/2009. Je me suis dit, "damned c’est du Shincha de l’an dernier", me disant, "ils doivent mettre à peu près un an et demi de dates de péremption". Ah là là sot que je suis... Vérification faite sur mes paquets de Shincha de l’an dernier (ramenés aussi par un ami de la même maison où l’on range des livres, comme quoi les bibliothécaires, ça voyage et ça ramène du thé), la date de péremption pour un Shincha 2008 était : 17/11/2008.
Donc qu’on se le dise, les Japonais sont des gens biens, ils donnent entre 6 et 8 mois de péremption à leurs thés frais.
Bon et maintenant passons aux choses sérieuses.
Aspect des feuilles sèches : petites aiguilles très fines, beau dessin très précis. Feuilles d’un vert très sombre, rappelant le gyokuro ou les grands senchas.
Infusion : environ 2 grammes dans 15 cl d’eau à 60-70°C, 40 sec.
Couleur de l’infusion : vert doux, presque bleue (superbe !)
Parfum de la liqueur : très léger, à peine perceptible
La liqueur a une saveur extrêmement douce, surtout en deuxième infusion. On aurait presque l’impression de boire un lait très léger. La première infusion, elle, a une saveur citronée et très rafraichissante, beaucoup plus légère et subtile que dans un sencha classique.
Les feuilles infusées ont un aspect surprenant : elles sont en parfait état, on en voit très bien le dessin, comme s’il s’agissait d’une infusion de thé vert chinois, alors qu’en général les thés japonais, fragilisés par leur mode séchage vapeur, ont des feuilles cassantes qui se délitent à l’infusion.
Les feuilles infusées ont un parfum très original, rarement rencontré : un mélange de citron et d’oignons verts (si si !) qui rappelle les plats orientaux raffinés.
Une très belle découverte ! Merci les bibliothécaires voyageurs !