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Puisque voici venue l’époque des débuts d’année et des demandes de crédits (enfin pour ceux pour qui c’est encore le temps), voici quelques informations qu’on me demande souvent sur "la numérisation, comment ça marche". Au risque de faire frémir les photographes de métier (ce que je ne suis pas vous l’aurez compris), j’ai essayé de synthétiser au maximum pour permettre à des non spécialistes intéressés par la question de comprendre à peu près de quoi on cause quand on "numérise".

Deux grandes façon de numériser : "scanner" ou "photographier"

Il existe deux grandes catégories (pour faire vite) de matériels couramment utilisés pour numériser [1] des ouvrages :
- les numériseurs à balayage, qui utilisent en gros la même technologie que votre scanner bureautique (mais en mieux, sinon ce serait dommage de payer 70 000 euros pour ça)
- les appareils photographiques numériques, aussi appelés "dos numériques" car ils se composent parfois d’une chambre photographique traditionnelle (comme dans les anciens appareils photos) et d’un dos qui n’est que le capteur digital. La technique est alors bel et bien celle de la photo, le plus traditionnellement du monde.

Ces deux techniques ont leurs avantages et leurs inconvénients. Les bibliothèques qui ont la chance d’avoir un atelier suffisamment important et les prestataires dignes de ce nom manipulent en général les deux.

La numérisation par balayage

Un numériseur à balayage est le plus souvent un appareil intégré. Il regroupe dans une même structure un porte-modèle (plus ou moins modulable, avec ou sans options), un appareil de prise de vue (capteur+objectif) et un dispositif d’éclairage (lui aussi plus ou moins modulable). Il existe cependant quelques dos numériques à balayage (notamment chez BetterLight) qui permettent d’associer la technologie du balayage avec la modularité de la prise de vue photographique de studio (voir plus bas).

Le principe est simple : une fois l’original immobilisé dans le porte-modèle (et le plus souvent plaqué, délicatement cela va de soi, sous une vitre), l’appareil de prise de vue, qui renferme un capteur digital sous forme de barrette, balaye l’espace de prise de vue et juxtapose plusieurs clichés numériques qui sont ensuite assemblés de manière logicielle au niveau de l’ordinateur qui pilote la manœuvre. Beaucoup de dispositifs d’éclairage (comme sur les numériseurs Zeutschel) sont couplés avec la partie mobile qui renferme le capteur, ce qui fait que seule la fine bande du document en cours de numérisation est éclairée. Cela limite le degré d’exposition à la lumière du document. Les constructeurs annoncent bien sûr des vitesses de croisière impressionnantes (moins de 5 secondes parfois) mais pour numériser correctement un ouvrage de 50 cm de côté à 300 DPI avec un rendu correct, il faut souvent utiliser les vitesses les plus lentes afin d’éviter le "bruit électronique" dans l’image. En effet, s’il n’a pas le temps de récupérer toutes les informations nécessaires, le logiciel simule parfois les pixels manquants et, en grossissant l’image à l’écran, on aperçoit une sorte de brouillard multicolore qui vient perturber l’image. La numérisation d’une double page peut donc prendre parfois plus de 20 secondes. En revanche, même si l’on souhaite au final numériser page par page, la totalité de l’espace est photographier et l’application peut ensuite produire différentes images en fonction de zones que l’opérateur lui indique. Ainsi, il est possible de caler au départ la page de droite et la page de gauche et, si vous ne bougez pas l’ouvrage en tournant les pages, deux images sont systématiquement générée après une seule passe.

On pourrait entrer encore davantage dans les détails, mais ce qu’il faut retenir, c’est que cette technologie présente de nombreux avantages :

- elle est très simple à mettre en oeuvre. Une fois l’appareil correctement installé et calibré par le fournisseur et réglé en début d’ouvrage par un photographe qualifié (il vaut mieux), il est possible d’en confier le maniement à un personnel à qui l’on aura appris les fonctionnalités de base et la manipulation soignée des originaux. Tous les réglages sont automatisables. Certaines machines disposent par exemple d’un point blanc de référence au bord de la table et s’étalonnent toutes seules à intervales réguliers.
- malgré le temps de prise de vue qui peut être assez long, c’est sans doute la technique qui permet le rendement le plus élevé. En effet, l’aspect standardisé de la machine et sa facilité de manipulation permettent d’atteindre de bons rendements sans avoir à passer beaucoup de temps en réglages.
- cette technique permet de manière assez simple de photographier des documents de grande dimensions, à condition d’être équipé d’un modèle avec un porte-vue conséquent. Il existe plusieurs modèles, du A2 au A0. Les modèles les plus grands permettent en général une numérisation maximale à 400 DPI quand les plus petits montent à 600 DPI sans problème.

Les grands fabricants de numériseurs à balayage :

Zeutschel

I2S (le fameux DigiBook)

Metis (propose un modèle qui combine la simplicité de la numérisation à balayage et une grande polyvalence grâce à son porte-vue et son système d’éclairage modulables).

BetterLight

Kirtas (le représentant le plus célèbre des scanners automatiques tourneurs de pages, voir les vidéos sur leur site)

notes:

[1] j’entends ici "numériser" au sens de dématéraliser un original en deux dimensions sous forme d’image numérique. Il n’est pas encore question de transformation en mode texte.

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